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    Gilles Caron, Londonderry, Irlande du Nord, août 1969 1969  ® Fondation Gilles Caron, courtesy School Gallery Olivier Castaing
    Gilles Caron, Londonderry, Irlande du Nord, août 1969, 1969 © Fondation Gilles Caron, courtesy School Gallery Olivier Castaing
    Gilles Caron, L’entraînement des soldats biafrais, Sécession de la province du Biafra, 1968 1968 © Fondation Gilles Caron, courtesy School Gallery Olivier Castaing
    Gilles Caron, Soldat américain, Guerre du Vietnam, Vietnam, novembre 1967, 1967 © Fondation Gilles Caron, courtesy School Gallery Olivier Castaing
    Gilles Caron, Romy Schneider dans l’émission de télévision “Dim Dam Dom”, février 1969, 1969 © Fondation Gilles Caron, courtesy School Gallery Olivier Castaing
    Photographies sonores

    Gilles Caron par Tamara Al-Saadi

    GILLES CARON – Chorégraphie de la révolte
    GALERIE: SCHOOL OLIVIER CASTAING, Paris
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    Les fenêtres du quartier latin  sont comme des rangées de témoins d’une jeunesse en ébullition, agie par un « c’est possible » aux velléités  structurelles. Combien de jeunesses ? Combien de silhouettes à contre CRS ont-elles regardé traverser les nuages de lacrymogènes, transpercé les canons à eau, et brandir le pavé comme un dernier cri ? Celui-là même qui changera le monde, enfin.
     
    Dans une ville sans ciel, un chevalier, bâton à la main, suivi par ses quatre comparses et d’autres que l’on devine, sous la présence protectrice des arbres et de la signalisation parisienne,  part à l’assaut du Léviathan.
    La tristesse, que j’éprouve devant ces ombres  téméraires, transpire la résignation.
     Des éclats d’utopie en forme de pavés clairsement le boulevard.
    Ces silhouettes sont rendues à notre regard comme des fantômes, gardiens d’idéaux déchus.
    Pourtant, ce noir et blanc, qui sacralise si bien la beauté du révolus, déclenche en moi une admiration jalouse et le sentiment à vif d’un « c’est possible » inassouvi. J’ose croire que cette photographie suspend un élan de courage dans l’éternel, une quête de liberté à l’orée des fenêtres closes.
     
    Tamara Al-Saadi