Wilhelm Schürmann, <em>Verviers/Belgium</em>, 1979 © Wilhelm Schürmann, courtesy only photography, Berlin
Wilhelm Schürmann, <em>Liège</em>, 1977 © Wilhelm Schürmann, courtesy only photography, Berlin
Wilhelm Schürmann, <em>Liège</em>, 1978 © Wilhelm Schürmann, courtesy only photography, Berlin
Photographie sonores

Wilhelm Schurmann par Julien Sipra


WILHELM SCHÜRMANN
GALERIE : ONLY PHOTOGRAPHY, Berlin
VOIR LE PROFIL DE LA GALERIE

C’est en noir et blanc, mais rien n’est ni noir ni blanc, ici. Ni les idées noires, ni les vies à blanc. Ici, tout est gris. Pas par goût de la nuance, mais par asthénie : on vit à vide, sur la réserve, on a lassé l’existence. Ici, même le temps a fait son temps, alors on le tue en se tirant dessus. On les connaît ces coins, ces banlieues des banlieues belles comme des maisons témoins, on les a déjà vues alors qu’il n’y à rien à voir et il n’y a même rien à regarder. Si on voyait les visages, on verrait d’infimes soupirs et de mornes douleurs. Ici, on n’habite pas, on demeure. Mais là, cette fillette, avec son gilet ouvert et ses semelles légères, comme un rayon vert. Elle ne s’en va pas, elle va, et toutes les révoltes éclosent dans ses pas. Elle est eux mais avec des jambes rapides de regagner le plein sur leur vide. Elle est l’épiphanie des murmures qui ont traversé les murs. Belle comme du rabe. Si on voyait son visage, on verrait un infini sourire et de vives couleurs.

Julien Spira